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Occupation hôtelière en janvier : mythe ou réalité ?

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Occupation hôtelière en janvier : mythe ou réalité ?

Le mythe et la question

L’occupation hôtelière en janvier est souvent présentée comme faible, presque “logique”, parce que janvier serait le mois le plus déprimant de l’année.

La fameuse date, celle du 21 janvier.

La date fatidique, dite comme la plus déprimante de l’année.

Le moment où tout le monde a l’impression que l’hiver ne va jamais s’arrêter.

Qu’on n’a pas vu le soleil depuis des semaines.

Que tout le monde est sous au moins cinq couches pour sortir dehors.

Mais donc, si tout le monde déprime, est-ce que ça veut dire qu’il y a plus ou moins de clients dans les hôtels ?

Janvier et le moral : un fait statistique, pas une opinion

Pourquoi ?

Pourquoi est-ce que tout le monde a le moral dans les chaussettes en janvier ?

Bon, si vous avez déjà eu cette conversation, vous connaissez sûrement la réponse. Mais au cas où, plusieurs raisons expliquent ce phénomène.

La première : c’est quand la dernière fois que vous avez vu 10 heures de soleil d’affilée ?

La deuxième : l’enchaînement des fêtes. Tout le monde rentre chez soi épuisé, physiquement et mentalement.

La troisième : l’argent. Après les fêtes et les cadeaux, plus grand-chose ne reste sur le compte, ce qui limite fortement les envies et les possibilités.

Des études cliniques ont identifié un trouble affectif saisonnier (Seasonal Affective Disorder, TAS),
une forme de dépression récurrente qui émerge en automne et en hiver et s’atténue au printemps et en été.
Englobant des symptômes allant de la baisse d’énergie et de motivation à des états dépressifs modérés, ce phénomène touche plusieurs pourcents
de la population dans les régions tempérées et est lié à la diminution de l’exposition à la lumière naturelle pendant les mois les plus sombres.

La data

Pour aller plus loin sur l’analyse des comportements clients, vous pouvez aussi lire : Comment chaque génération voyage.

Les données internes de 2025 montrent une progression du taux d’occupation sur l’ensemble des catégories hôtelières par rapport à l’année précédente.
Cette lecture aide à comprendre l’occupation hôtelière en janvier au-delà des idées reçues.

Cette hausse est particulièrement marquée dans les segments 3, 4 et 5 étoiles, où l’augmentation de l’occupation atteint respectivement
+3,5, +3,9 et +13,6 points.

Ces résultats montrent une chose simple : la saisonnalité hôtelière n’est pas un “verdict”, c’est une dynamique. Et selon les segments, elle n’évolue pas dans le même sens.

L’occupation reste simplement plus basse que lors des mois les plus forts, comme juillet à Paris, qui constitue un pic de saison. Cette lecture permet de mieux comprendre l’occupation hôtelière en janvier, souvent perçue comme plus faible qu’elle ne l’est réellement.

L’idée d’un mois de janvier structurellement défavorable à l’hôtellerie apparaît ainsi réductrice, voire incorrecte, dès lors que l’analyse distingue les catégories et les dynamiques de clientèle.

Occupation hôtelière en janvier par catégorie hôtelière

Données générées par Stathotel

Trois profils

En janvier, trois types de clients existent dans les hôtels.

La vraie question est donc simple : lequel avez-vous envie d’attirer ?

Hôtellerie urbaine business

À Paris, l’hôtellerie urbaine à dominante business présente une saisonnalité marquée. L’hôtellerie business est particulièrement sensible au calendrier professionnel.
Les données de janvier montrent un taux d’occupation compris entre 63 % et 67 % selon les catégories 2 à 4 étoiles, soit les niveaux les plus bas de l’année.
À l’inverse, en juillet, mois le plus occupé, l’occupation dépasse régulièrement 75 %, et atteint même plus de 85 % sur certains segments.

Cet écart ne s’explique pas par une pression tarifaire. Les prix moyens restent relativement soutenus en janvier.
La baisse vient surtout d’une contraction du volume de nuitées vendues. Elle reflète le ralentissement du calendrier professionnel en début d’année :
moins d’activité économique, baisse des déplacements corporate et rareté des grands événements.

Hôtellerie de loisirs d’hiver

À l’inverse de l’hôtellerie urbaine, les destinations de loisirs d’hiver abordent janvier comme un mois de haute saison. Parmi eux, l’hôtellerie de montagne occupe une place centrale en janvier.
En montagne, la demande ne se contracte pas sous l’effet de l’hiver : elle en constitue le moteur.
L’enneigement, les vacances scolaires et la nature planifiée des séjours placent janvier au cœur du calendrier touristique.

L’hôtellerie de montagne fonctionne donc à l’opposé de l’urbain. Janvier ne constitue pas une anomalie, mais un révélateur.
Selon la nature de la demande, un même mois peut produire des dynamiques hôtelières opposées.

Hôtellerie d’évasion (soleil, long séjour)

Contrairement aux profils précédents, l’hôtellerie d’évasion climatique ne repose ni sur des contraintes professionnelles ni sur la valorisation de l’hiver comme ressource touristique.
Elle s’inscrit dans une logique différente : celle de l’évitement.

Ce type de voyage répond à une recherche explicite de soleil, de lumière et de conditions météorologiques plus favorables.

Ce modèle d’évasion montre que la saisonnalité hôtelière n’implique pas mécaniquement une baisse de la demande touristique,
mais plutôt une redistribution des flux vers des territoires capables d’offrir une alternative climatique.

Hôtellerie de montagne et saisonnalité hôtelière en janvier : business, montagne et évasion climatique

Comment vous pouvez faire ?

❌ « Janvier est déprimant donc les hôtels sont vides » est faux.

✔ Janvier modifie les comportements, pas toujours dans le même sens.

Il est impossible d’attribuer une baisse d’occupation au “moral” seul. Le mois de janvier est peut-être le plus « déprimant », mais beaucoup d’autres éléments entrent en jeu :
les prix, les congés, la météo, l’inflation. Janvier n’est donc pas un « mauvais mois » universel.

Il exige surtout un positionnement clair, que vous devez choisir en fonction de votre emplacement : business, loisir, bien-être, évasion climatique.

Il faut ensuite s’adapter au maximum, notamment sur le pricing, pour rester attractif. Votre marketing doit rester saisonnier afin d’attirer le bon client au bon moment,
et vos offres doivent être pensées selon chaque profil.

Par exemple :

  • Offre business : salle de conférence gratuite pendant 1 heure.
  • Offre bien-être : –20 % sur les massages ou les soins.

Conclusion

Janvier est statistiquement un mois plus sombre sur le plan psychologique, mais son impact sur l’hôtellerie n’est ni uniforme ni mécanique. En pratique, l’occupation hôtelière en janvier dépend surtout du positionnement, bien plus que du contexte psychologique.
L’activité hôtelière y est fortement saisonnière, mais surtout segmentée.

Et au final, l’occupation hôtelière en janvier dépend surtout du positionnement et du type de clientèle.
Toute analyse globale qui ignorerait cette segmentation passerait à côté de la réalité économique du secteur.

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Comment chaque génération voyage?

Icône génération voyage

Comment chaque génération voyage ?

Chaque génération voyage différemment. Le séjour d’un baby boomer n’a rien à voir avec celui d’un millennial ou d’un Gen Z. Chacun a ses attentes spécifiques vis à vis des hôtels. Si les termes « millennial » et « Gen Z » vous échappent, cet article est fait pour vous.

Nous allons explorer les différences entre ces générations et voir comment, vous hôteliers, pouvez mieux comprendre leurs besoins. L’objectif : comprendre comment chaque génération voyage mais surtout comment adapter votre expérience client et encourager leur fidélité.

Baby Boomers (1946–1964)

Origine du nom

Le terme vient du « baby boom », l’augmentation très forte des naissances après la Seconde Guerre mondiale. Démographes et sociologues ont observé ce phénomène et le nom s’est imposé car il est simple, littéral et facile à comprendre.

Caractéristiques

Ils privilégient le confort classique, le service humain et une expérience sans complications.

Comportement hôtelier

Ils réservent volontiers via une agence de voyage ou directement sur le site officiel de l’hôtel. Ils peuvent être très fidèles lorsqu’ils trouvent une marque ou une chaîne qui leur correspond.

Comment les attirer

Miser sur le confort, une propreté irréprochable et un service attentionné. Un petit plus peut faire la différence comme une soirée cinéma avec des films de leur jeunesse ou des activités adaptées à leur tranche d’âge.

 

Génération X (1965–1980)

Origine du nom

Le terme a été popularisé par l’écrivain canadien Douglas Coupland avec son roman Generation X en 1991. Il était déjà utilisé avant par certains sociologues pour parler d’une génération sans identité claire après les baby boomers. Le X évoque quelque chose d’inconnu ou de flou.

Caractéristiques

C’est une génération d’entre deux qui mélange tradition et modernité.

Comportement hôtelier

Ils réservent en ligne mais apprécient le contact téléphonique en cas de besoin. Ils sont sensibles aux programmes de fidélité et aux offres avec un bon rapport qualité prix.

Comment les attirer

Ils veulent de l’efficacité et du gain de temps. Adaptez vos services selon qu’ils sont en séjour professionnel ou personnel. Cela doit se voir dès le premier contact avec votre hôtel que ce soit à l’oral, sur votre site ou sur les réseaux.

 

Millennials (1981–1996)

Origine du nom

Le terme a été créé par William Strauss et Neil Howe. Ils ont remarqué que ces enfants deviendraient adultes autour de l’an 2000, le millennium. Le nom a été largement repris par les médias et est devenu plus fort que « génération Y ».

Caractéristiques

Ils ont grandi avec l’arrivée de l’ordinateur et d’Internet. Ce sont les premiers digital natives.

Comportement hôtelier

Ils utilisent les OTA, les comparateurs et les applications mobiles pour préparer leurs vacances. Ils laissent facilement des avis en ligne, surtout en cas de mauvaise expérience. Ils recherchent des expériences uniques et pas seulement les attractions touristiques classiques.

Comment les attirer

En tant qu’hôtelier, pour les attirer, il faut proposer un Wi Fi rapide, une expérience plus digitalisée avec un check in et check out simples et surtout de la personnalisation. Ils veulent avoir l’impression d’être les plus importants.

 

Génération Z (1997–2012)

Origine du nom

Le Z vient simplement après X et Y. Le terme apparaît dans un article d’Ad Age en 1994 pour parler de la génération qui suit les millennials. D’autres noms ont été proposés comme iGeneration ou Gen Tech mais Gen Z s’est imposé car il est simple et pratique pour les médias.

Caractéristiques

C’est la génération qui commence à entrer dans le monde du travail. Ils ont déjà un pouvoir d’achat et sont ultra connectés.

Comportement hôtelier

Ils utilisent TikTok, Instagram et les réseaux sociaux pour trouver de l’inspiration voyage. Ils utilisent aussi l’IA dont ChatGPT pour s’organiser. C’est une génération qui utilise beaucoup Airbnb. Ils veulent une expérience très digitalisée avec le moins de contact humain possible. C’est une génération voyage différemment, ils réservent directement via smartphone. Ils repèrent vite les contenus générés par l’IA et sont attirés par l’authenticité, la durabilité et les expériences sociales.

Comment les attirer

Il faut rendre l’expérience la plus fluide et sans contact possible avec paiement en amont ou sans contact, clé mobile, personnalisation en temps réel, engagement RSE clair de l’hôtel, technologie visible mais simple et préférences recueillies et appliquées avant l’arrivée.

 

Génération Alpha (à partir de 2013)

Origine du nom

Le nom a été proposé par le chercheur australien Mark McCrindle. Après X, Y et Z, il a choisi de repartir à zéro avec l’alphabet grec. Alpha sonne moderne, futuriste et fonctionne bien au niveau international.

Caractéristiques

Contrairement aux générations précédentes, ils ne réservent pas encore eux mêmes des nuits d’hôtel mais ils voyagent avec leurs parents et influencent leurs choix.

Comportement hôtelier

Leurs besoins à l’hôtel sont liés à ceux de leurs parents de génération X, Y ou début Z mais ils ont besoin de services adaptés aux familles.

Comment les attirer

Cette génération voyage encore avec leurs parents. Pour attirer les familles avec des enfants de la génération Alpha, il est utile de proposer une garderie, un espace de jeux, des horaires de piscine réservés aux familles, des repas en portions enfants ou des menus adaptés.

 

Conclusion

Chaque génération voyage différemment. En tant qu’hôtelier, vous ne pouvez pas plaire à tout le monde. Il est plus efficace de choisir une ou deux générations à cibler en priorité.

Un baby boomer n’a pas les mêmes attentes qu’un Gen Z. En revanche, des parents millennials vont souvent aligner leurs choix sur les besoins de leurs enfants de la génération Alpha.

La clé pour réussir à jongler avec tout cela : des outils PMS et POS flexibles et intégrés pour personnaliser l’expérience, digitaliser les interactions et simplifier la gestion.

Medialog accompagne les hôteliers dans cette adaptation, du check in digital au suivi personnalisé du client, du PMS au CRM en passant par le paiement. Tout avec Medialog.